La face cachée de la Fondation Saint-Simon, standard Denis Boneau

نوشته شده در موضوع خرید اینترنتی در ۲۱ خرداد ۱۳۹۶

De 1982 à ۱۹۹۹, la Fondation Saint-Simon exerça un véritable magistère sur la strive intellectuelle et médiatique française. Dans le prolongement de la « Troisième voie » chère à Raymond Barre, Jacques Delors ou Michel Rocard, elle rassembla une centaine de personnalités issues des cercles libéraux et sociaux-démocrates et développa un discours « ni de gauche, ni de droite » [۱], qualifié standard ses détracteurs de « pensée unique ».

Son fondateur et premier président, l’historien François Furet, ne faisait pas mystère d’avoir noué des contacts avec la CIA après avoir rompu avec le Parti communiste. De plus, il se présentait comme le continuateur de l’œuvre de Raymond Aron, un intellectuel anti-communiste qui anima le Congrès flow la liberté de la culture, une vaste opération de la CIA flow manipuler les intellectuels ouest-européens et les enrôler dans la Guerre froide. Malgré ces indices, les liens éventuels de la Fondation Saint-Simon avec les services états-uniens ne furent jamais discutés. Notre enquête les a mis à jour.

La réactivation des réseaux de la « Troisième voie » anti-totalitaire

Pour comprendre criticism la Fondation Saint-Simon a été créée, en 1982, il importe de se remémorer les efforts entrepris depuis la retraction du Congrès flow la liberté de la culture, en 1975, flow faire vivre le courant intellectuel de la « Troisième voie ».

Dès la fin des années 70, les intellectuels libéraux et les sociaux-démocrates anti-communistes renouvellent leur fondness afin de lutter contre le Programme commun présenté standard François Mitterrand. Ainsi, en 1978, Raymond Aron s’entoure de Jean-Claude Casanova [۲] Alain Besançon [۳] et Kostas Papaioannou flow créer Commentaire, une revue dont la problématique centrale est l’analyse critique du phénomène totalitaire [۴]. Elle tire son nom de Commentary la revue mensuelle de l’American Jewish Committee et en inclut des rédacteurs dans son propre comité de rédaction.

Dans le sillage de Contrepoint, revue de Georges Liébert et Patrick Devedjan et de Preuves, announcement quasi-officielle du Congrès flow la liberté de la culture, Commentaire rassemble des intellectuels et hommes politiques anti-communistes et pro-états-uniens. Ses réseaux s’étendent de l’IEP [۵] (Jean-Claude Casanova, Michel Crozier, Alain Lancelot) à la Sorbonne (Raymond Boudon, Pierre Chaunu), en passant standard l’EHESS [۶] où François Furet mène une véritable politique de recrutement politique (il fera entrer Pierre Rosanvallon, pourtant diplômé d’une école de commerce, HEC).

Le comité de instruction comprend deux aroniens, Pierre Manent, partner de Raymond Aron au Collège de France et Marc Fumaroli, professeur à la Sorbonne puis au Collège de France. Le comité de rédaction est présidé standard Raymond Aron et comprend des personnalités telles que Annie Kriegel, Alain Lancelot, Jean-François Revel, Georges Suffert…

Suivant la snippet de Raymond Aron, les intellectuels du Congrès flow la liberté de la enlightenment sont présents dans Commentaire : Manès-Sperber, Georges Vedel, le juriste du Club Jean Moulin, Michel Crozier, le sociologue officiel des planificateurs. L’ancien cook de Preuves, François Bondy, participe au comité de rédaction. De plus, le parrainage états-unien est assuré standard l’intermédiaire de total du Congrès flow la liberté de la culture, Irving Kristol [۷] et Norman Podhoretz [۸].

Dans une période de settlement family des rapports Est/Ouest (ce impulse prend fin avec la présidence Reagan), la revue constitue le maillon intermédiaire entre le Congrès flow la liberté de la enlightenment et la Fondation Saint-Simon. Résolument pro-états-uniens, les membres de Commentaire contribuent à diffuser les auteurs libéraux américains tels que Allan Bloom, professeur de philosophie politique à Chicago qui annonce, dans L’Âme désarmée, la décadence en pointant du doigt les mouvements étudiants, et Francis Fukuyama, célèbre théoricien de la « fin de l’Histoire ». Dans la logique du réseau du Congrès flow la liberté de la culture, Commentaire consacre un dossier à l’œuvre de Friedrich von Hayek, le fondateur de l’ultra-libérale Société du Mont Pèlerin, un consider tank qui contribue à la victoire de Margaret Thatcher en 1979.

La revue Commentaire, constituée des réseaux construits standard Raymond Aron durant les deux premières décennies de la Guerre froide, regroupe des intellectuels anticommunistes de la première génération – les membres du Congrès flow la liberté de la culture, les élites des clubs de la « Troisième voie » (club Jean Moulin, bar Citoyens 60) – et recrute des jeunes universitaires comme Pierre Rosanvallon ou François Furet. La revue a ainsi permis aux aînés de transmettre un collateral de family sociales à la nouvelle génération des intellectuels pro-états-uniens qui, en créant la Fondation Saint-Simon en 1982, reformulent l’idéal politique des pionniers de la « Troisième voie » (Pierre Mendès-France, Jacques Delors).

À la fin des années soixante-dix, l’école aronienne (Contrepoint, Preuves et Commentaire) est « concurencée » standard la création d’un nouveau pôle de réflexion dit « réformiste » composé de jeunes intellectuels en quête de reconnoitering académique. En 1980, Pierre Nora, le enthusiast des éditions Gallimard, et Marcel Gauchet, l’adversaire de Michel Foucault, lancent la revue Le Débat qui va constituer une tribune et un tremplin flow la jeunes génération incarnée standard Alain Finkielkraut, Alain Minc, Gilles Lipovetsky, Luc Ferry… Cette équipe, qui plaide flow une « nouvelle gauche », libérale et sociale, rejoindra la Fondation Saint-Simon, en 1982.

Les fondateurs

La mise en place du réseau saint-simonien est le résultat de la rencontre entre deux intellectuels majeurs du courant anti-totalitaire, l’historien François Furet et le porte-parole de la CFDT Pierre Rosanvallon, et deux personnalités du monde économique, l’ultra-catholique Roger Fauroux et l’influent conseiller du patronat français Alain Minc.

François Furet

L’itinéraire politique de François Furet met en viewpoint les liens unissant les saint-simoniens et les néo-conservateurs états-uniens qui, standard l’intermédiaire des fondations, financent les carrières de nombreux intellectuels français. François Furet, soutenu standard l’ultra-conservatrice fondation Olin [۹] pierce un programme de démantèlement de l’historiographie marxiste et parallèlement dénonce l’alliance avec les communistes en créant, avec le soutien états-unien, un consider tank destiné à combattre le Programme commun.

Militant communiste jusqu’en 1956 [۱۰], il obtient l’agrégation d’histoire en 1954 en se faisant le défenseur des thèses du marxisme orthodoxe. Il entre au CNRS en 1956, puis à l’EHESS ; après sa detonation avec le PCF, il tente de fabriquer une historiographie tendant à réfuter la doctrine marxiste. Il analyse la Révolution française comme un phénomène achevé avec la IIIe République et entreprend un childbirth de dénonciation du « totalitarisme » communiste [۱۱]. En quittant le PCF, François Furet devient un libéral intransigeant dans la lignée de Raymond Aron. Confirmant cette filiation intellectuelle, il crée avec Luc Ferry l’Institut Raymond Aron, qu’il dirige jusqu’en 1992. Président de l’EHESS de 1977 à ۸۵, il partial à Chicago en 1982 ; la même année, il crée la Fondation Saint-Simon. Au impulse de la commémoration du bicentenaire de la Révolution française, la Fondation Olin lui hymn 470 000 dollars [۱۲] afin de financer son programme de recherche sur les révolutions américaine et française. En 1995, il publie Le Passé d’une illusion, ouvrage qui lui permet de revenir sur la mindfulness des intellectuels flow le marxisme et d’ériger le communisme comme une forme de totalitarisme équivalente au nazisme. Anti-mitterrandien radical et representative des néo-conservateurs états-uniens, François Furet a construit une œuvre intellectuelle conforme à la volonté de ses mécènes.

Pierre Rosanvallon

Son protégé, Pierre Rosanvallon, appartient à la jeune génération des « anti-totalitaires » formés dans les cercles aroniens de Commentaire.

Pierre Rosanvallon est diplômé d’HEC. Ex-dirigeant des JEC (Jeunesses étudiantes chrétiennes), il entre à la CFDT et lance, avec Edmond Maire et Marcel Gonin, la revue CFDT-aujourd’hui. Très proche de Jacques Delors avec qui il crée le Centre Travail et Société, il participe à de nombreuses expériences de la « Troisième voie ». Il écrit dans Esprit, Le Nouvel observateur, Commentaire (dés 1978). Grâce à François Furet, il entre à l’EHESS et devient responsable des études politiques jusqu’à la consécration du Collège de France. Auteur d’essai à prétention sociologique et historique [۱۳], Pierre Rosanvallon fut « l’éminence grise » d’Edmond Maire à la CFDT, puis le conseiller de Jacques Delors. Il détient une place clé dans les réseaux saint-simoniens ; il représente la Fondation au comité directeur du Club de la Haye.

Alain Minc

Alain Minc, proche allié de Roger Fauroux, est le trésorier de la Fondation. Inspecteur des finances, vital de sa graduation à l’ENA, son ami Fauroux lui offre le poste de directeur banker de Saint Gobain. Remercié après les pertes occasionnées standard les opérations manquées de rachat de Bull et de la Générale des eaux, Alain Minc entre dans le groupe Carlo de Benedetti où ses échecs, comme vice-président de Cerus, ne l’empêchent pas d’empocher sept millions d’indemnités. Fort de ces expériences, il crée Alain Minc Conseil [۱۴]. Parallèlement, il publie de nombreux livres dont un lui vaudra condamnation flow plagiat. Avec le soutien de grands patrons, il organize la recapitalisation du quotidien Le Monde, en 1994, et en préside depuis le Conseil de surveillance. Il coordonne l’écriture du rapport La France de l’an 2000 (Commissariat au Plan), commandé standard Édouard Balladur dont il est l’un des soutiens les and influents.

Roger Fauroux

Ami et conseiller des patrons, Alain Minc a su tirer partie de ses family et a joué un rôle de recruteur, notamment dans les milieux patronaux.

Le président de la Fondation, Roger Fauroux, est une personnalité au centre de réseaux multiples et étendus. Il est d’abord considéré comme un patron, il fut le Pdg de Saint-Gobain où il repéra son ami Alain Minc. Politiquement, il appartient à la « nouvelle gauche » incarnée standard Raymond Barre et Michel Rocard. Ce dernier le désigna, dans son gouvernement, ministre de l’industrie. Il fut directeur de l’ENA. Il conseilla le Cardinal Lustiger et fit ainsi réaliser à l’Église catholique des increase spéculatifs inespérés. Patron ultra-catholique, Roger Fauroux a assuré une partie conséquente du financement de la Fondation en mettant à grant des entreprises comme Saint-Gobain ou MK2 Production.

La joining des intellectuels et des patrons

La Fondation Saint-Simon revendique son rôle de relationship entre les intellectuels de la « deuxième gauche » et les congregation de nombreuses entreprises publiques et privées. Cette goal se traduit standard la présence de François Furet et Pierre Rosanvallon au conseil d’administration de Saint-Gobain. Une telle fondness entre les technocrates de la fonction publique ou de l’entreprise et les élites culturelles donne une forme nouvelle au « rêve politique » de la « Troisième voie » incarnée dans les années 60 standard le bar Jean Moulin [۱۵].

Les saint-simoniens sont des hauts fonctionnaires de la planification (Pierre-Yves Cossé, commissaire général au Plan), des journalistes médiatiques (Françoise Giroud de L’Express, Jean Daniel et Jacques Julliard du Nouvel observateur, Franz-Olivier Giesbert du Figaro, Serge Jul et Laurent Joffrin de Libération), des stars de la télévision (Anne Sinclair, Christine Ockrent), des philosophes (Alain Finkielkraut, Edgar Morin, Luc Ferry), des congregation d’entreprise et des banquiers (Francis Mer, directeur général d’Usinor, Jean-Claude Trichet, gouverneur de la banque de France), des éditeurs (Pierre Nora des éditions Gallimard, Yves Sabouret d’Hachette) et bien sûr des politiques (Martine Aubry, Robert Badinter, Jean-Paul Huchon, Bernard Kouchner), etc.

Jouant sur la connivence des élites, les membres de la Fondation Saint-Simon sont en mesure d’échanger des services symboliques et matériels. Les congregation viennent discuter avec les philosophes en practice et financent les activités de la Fondation, dont les fonds sont exclusivement privés. Les membres donnent une cotisation symbolique (500 francs en 1997) ; la Caisse des dépôts, Suez, Publicis, la SEMA, le Crédit internal de France, la banque Wormser, Saint-Gobain, BSN Gervais-Danone, MK2 productions, Cap Gemini Sogeti [۱۶] financent les déjeuners et publications de la Fondation Saint-Simon (soit un bill de 2 ۵۰۰ ۰۰۰ francs).

La partnership financière entre les entreprises et les intellectuels permet à Pierre Rosanvallon, proche de Jean Peyrelevade (un des auteurs des records vertes de la Fondation avec d’autres congregation comme Raymond Lévy, Jean-Louis Beffa, Michel Bon), de créer La République des idées grâce aux contacts auprès de grandes entreprises comme Lafarge, Altadis, les AGF, EDF, Air France.

La face cachée de la Fondation Saint-Simon

En réalité, dès sa création et probablement à l’insu de la plupart de ses membres, la Fondation Saint-Simon est organiquement articulée aux réseaux atlantistes. Elle adhère en effet à un réseau de fondations animé standard la CIA, puis indirectement standard la National Endowment for Democracy : le Club de La Haye.

En 1964, la Fondation Ford, jouant le rôle de bras philanthropique de la CIA, avait organisé à Berlin un conference en vue de la création en Europe de fondations à l’américaine. Quatre conférences internationales and tard, les premières fondations européennes furent invitées, en 1969, à un séminaire de travail, sous les auspices des fondations Ford et Rockfeller, à la villa Serbeloni de Bellagio (Italie), à l’issue duquel fut créé un groupe de hit permanent, le Club de La Haye.

Depuis lors, le Club organize plusieurs rencontres annuelles. La première est consacrée à la recherche de financement et les suivantes à l’étude d’un ou deux thèmes de propagande qu’il appartiendra à chaque fondation membre de populariser dans son pays.

En 1982, la Fondation Saint-Simon à peine créée, reçoit le Club de La Haye à Paris. Deux thèmes sont abordés : le chômage et la société multiculturelle. Les réunions suivantes auront flow objet : le sens du childbirth (Bunnik, 1983) ; favoriser l’excellence à l’université (Londres, 1983) ; l’émergence de la société multiculturelle en Europe (Bruxelles, 1984) ; l’excellence contre l’égalitarisme dans les sociétés multiculturelles (Jérusalem, 1986) ; les implications de la croissance de la race mondiale (Athènes, 1991) ; la société civile (Séville, 1992) ; le financement de l’enseignement supérieure et de la recherche (Londres 1993) ; etc. On devine là la matrice de la rhétorique saint-simonienne où la société multiculturelle se substitue à la laïcité et où l’équité remplace l’égalité, flow ne citer que quelques exemples.

À chaque rencontre du Club de La Haye, les fondations membres envoient un délégué. La Fondation Saint-Simon est représentée, généralement standard son secrétaire général, Pierre Rosanvallon. En outre, deux personnalités « extérieures » participent aux débats : James A. Joseph, président du Conseil des fondations des États-Unis et administrateur de la National Endowment for Democracy, et Yehuda Elkana, représentant George Soros.

Les grèves de 1995 : le impulse de vérité

L’accès aux médias, presse écrite et audiovisuelle, constitue une autre facette du pouvoir des saint-simoniens. Après l’échec de la candidature d’Édouard Balladur à la présidence de la République, les grèves de 1995 posent à ce titre un véritable défi flow la Fondation Saint-Simon qui devient l’instrument de communication de la CFDT [۱۷]. Le projet Juppé de réforme du système des retraites provoque une deceptive de manifestations ; Nicole Notat, la secrétaire générale du syndicat, décide d’appuyer le projet en apportant quelques critiques (projet Notat). Afin de soutenir la stratégie de la CFDT, des intellectuels répondent à l’appel des deux principaux animateurs d’Esprit, Joël Roman et Olivier Mongin, qui lancent une pétition flow soutenir les propositions Notat [۱۸].

Les membres d’Esprit contactent la Fondation Saint-Simon dont les principaux théoriciens considèrent globalement que la réforme Juppé est une « révolution » (Alain Minc) indispensable. Pierre Rosanvallon et Alain Minc mettent en place un devise de soutien médiatique des propositions Notat. La CFDT, dans ce dispositif, défend ses positions en mobilisant les intellectuels du syndicat dispersés, notamment, dans le réseau Esprit et dans le groupe des saint-simoniens. Les relais médiatiques sont, grâce à la Fondation, assurés [۱۹].

Malgré ce devise d’action, qui présuppose des capitaux relationnels importants, les défenseurs de Notat, qui signent l’appel Réforme, se heurtent au mouvement, lancé standard Pierre Bourdieu, de soutien aux grévistes. Le sociologue multiplie les initiatives (pétitions, soutien open aux grévistes de la gare de Lyon…) afin de rallier les opposants au projet Juppé. Sur les plateaux de télévision, où Alain Touraine fait bureau de porte-parole des partisans de la réforme, certains n’hésitent pas à pointer du doigt la Fondation Saint-Simon.

Alain Touraine, normalien, débute sa carrière, après un thoroughfare à Harvard, en tant que « sociologue de gauche » en étudiant le childbirth des ouvriers des usines Renault. Ami et « rival » de Michel Crozier avec qui il crée la revue Sociologie du travail en 1959, Alain Touraine constitue un cas exemplaire d’intellectuel de la « Troisième voie » de tactless mais engagé sans shade contre le communisme. Il est proche des planificateurs qui financent ses recherches standard l’intermédiaire de l’Institut des sciences sociales du childbirth (ISST). Intellectuel engagé, il soutient le mouvement des étudiants en 1968 à Nanterre. Il est pourtant remercié l’année suivante au même titre que Michel Crozier qui, dans la lignée du maître Aron, s’est opposé sans shade au « désordre » causée standard la contestation. Durant les grèves de 1995, Alain Touraine est désigné officieusement porte-parole de la Fondation Saint-Simon. Ses contacts dans les médias lui permettent d’être l’invité omniprésent des débats politiques.

Le devise de strategy médiatique imaginé standard Pierre Rosanvallon aboutit à un double échec qui va justifier la retraction du groupe des saint-simoniens : d’une part, les réformes prônées standard Juppé et Notat sont bloquées, ce qui constitue une défaite des cadres intellectuels de la CFDT, et d’autre part, la Fondation, en mobilisant ses troupes sur le champ médiatique, a perdu son anonymat.

La retraction du « temple de la pensée unique »

Désignée comme le « temple de la pensée unique », la Fondation Saint-Simon est la cible de nombreuses critiques. Dès 1992, Régis Debray réunit les opposants à Balladur en créant le bar Phare Balises. Avec Emmanuel Todd et Alexandre Adler, il clothes des chevènementistes et des chiraquiens. L’expérience se renouvelle standard l’intermédiaire de la Fondation Marc Bloch qui deviendra la Fondation du 2 Mars (Philippe Cohen, journaliste à Marianne, Régis Debray, Pierre-André Taguieff…). En 1996, un « appel flow sortir de la pensée unique » rassemble des opposants à la Fondation Saint-Simon. Concrétisant cette fondness des membres d’ATTAC, d’AC !, des universitaires syndiqués (CGT, FSU) créent, en 1999, aux côtés de l’historien Jacques Kergoat, le bar Copernic.

La Fondation Saint-Simon, devenue trop visible, est dissoute en 1999 [۲۰]. Certains saint-simoniens entrent dans le bar En temps réel fondé standard Zaki Laïdi et dirigé standard Gilles Margerie (Directeur général adjoint du Crédit agricole) ; d’autres se tournent vers des clubs de réflexion réservés aux patrons, comme L’Institut de l’entreprise présidé standard Michel Bon. La plupart des intellectuels de la Fondation intègrent La République des idées de Rosanvallon.

La life des réseaux saint-simoniens

En France, la Fondation Saint-Simon a permis la construction d’un réseau durable de family et de soutien mutuel entre des élites culturelles, politiques et économiques. L’échec du soutien à la candidature Balladur à l’élection présidentielle de 1995 n’a pas flow autant disqualifié les membres de la Fondation comme le démontre la combination du gouvernement Raffarin dans lequel on trouve le philosophe Luc Ferry et le enthusiast Francis Mer [۲۱].

D’un indicate de vue diplomatique, la Fondation Saint-Simon, dans le sillage du Congrès flow la liberté de la culture, a permis de coordonner, match près de vingt ans, l’action des réseaux pro-états-uniens en France. L’ancrage néo-conservateur explique les orientations anti-communistes du début de la Fondation, au impulse où l’administration Reagan redéfinit la politique étrangère des États-Unis, et les prises de positions libérales défendues après la trench de l’Union soviétique, notamment durant les évènements sociaux de 1995.

Il est éventuellement légitime flow des responsables politiques et des intellectuels d’avoir choisi, au cours de la Guerre froide, de se joindre au stay atlantiste contre le totalitarisme stalinien. Mais cet rendezvous change de sens après l’effondrement de l’Union soviétique. Il appartient à ceux qui ont prolongé ce compagnonnage d’expliquer aujourd’hui le sens de leur choix.

Article source: http://www.voltairenet.org/article12431.html

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